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La gaine de myéline : quand les acides gras assurent la protection des neurones

 

Si notre cerveau fonctionne aussi bien, c’est grâce à la transmission d’informations très sophistiquées entre les milliards de neurones qui le compose. Mais cette communication ne se fait pas toute seule. Une gaine protectrice appelée myéline entoure ces mêmes neurones et assure leur bon fonctionnement ; et lorsque celle-ci est dégradée par un facteur extérieur, cela remet gravement en question les fonctions assurées par le système nerveux. C’est alors qu’interviennent les acides gras qui représentent 70 à 85% de la composition de la gaine de myéline, et qui par un apport enrichi dans l’alimentation peuvent aider l’organisme à réparer cette gaine aux fonctions essentielles.
 
Nous savons tous que notre cerveau est très utile. Essentiel même. Il assure de nombreuses fonctions, allant de la régulation du rythme cardiaque à la perception sensorielle ou encore les fonctions cérébrales telles que la mémoire ou la conscience. Pour gérer ces fonctions complexes, les cellules nerveuses – les neurones – se transmettent des informations sous forme d’influx nerveux. Cette transmission se fait entre autres par des prolongements de neurones que l’on appelle les axones (fibres nerveuses) et les informations ainsi transmises permettent de coordonner l’activité de plusieurs régions différentes du système nerveux. C’est de cette coordination qu’émergent les fonctions physiologiques assurées par ce système.
À l’instar des fils de cuivre dans un réseau électrique, ces fibres nerveuses sont entourées par une gaine qui assurent de nombreuses fonctions dont la protection physique de la fibre elle-même ou encore la garantie de la bonne propagation de l’influx nerveux. Cette gaine, appelée gaine de myéline, est essentielle au bon fonctionnement du système nerveux, et donc aux fonctions physiologiques en question.

 

Qu’est-ce que la myéline ?

 

Il s’agit d’un enroulement de membranes cellulaires qui entourent l’axone et qui créent une protection tout le long de celui-ci. Les cellules qui en sont à l’origine sont les oligodendrocytes dans le système nerveux central et les cellules de Schwann dans le système nerveux périphérique.
Au cours du développement, la cellule en question entre en contact avec l’axone, puis s’enroule autour de lui, créant ainsi un empilement de membranes cellulaires. Tout au long de la fibre, les cellules de la gaine de myéline vont donc recouvrir l’axone mais de manière discontinue. En effet, entre les empilements de membrane se trouvent des surfaces axonales non recouvertes que l’on appelle les nœuds de Ranvier. Cette alternance de myéline et de nœud de Ranvier permet de soutenir l’une des fonctions les plus importantes de la myéline : la conduction saltatoire. Par ce phénomène, la gaine va augmenter drastiquement la vitesse de conduction de la fibre qu’elle recouvre, et donc participer à la bonne transmission de l’information nerveuse.

 

Quel rapport avec les acides gras ?

 

Les membranes cellulaires sont composées en grande parties de phospholipides qui sont des molécules constituées à partir d’acides gras. On les retrouve en proportion particulièrement élevée dans les membranes des cellules qui constituent la gaine de myéline : de 70 à 85%, quand cette proportion n’est que de 30 à 40% en moyenne dans les membranes des autres cellules de l’organisme. Ainsi la gaine de myéline, qui est un enroulement de membranes, est une structure extrêmement riche en acides gras.
Lorsqu’un facteur extérieur vient perturber la composition de la myéline, menant à sa dégradation, les conséquences peuvent être dramatiques pour la physiologie neuronale, et donc pour la transmission des influx nerveux. Au niveau périphérique, ceci peut conduire à des symptômes tels que la neuropathie périphérique. Les sensations alors perçues sont altérées, conduisant à des paresthésies (toucher anormal), des picotements, des fourmillements ou encore des douleurs.

 

L’importance d’une alimentation riche en acides gras polyinsaturés

 

L’une des solutions dans ce type de pathologies consiste à fournir à l’organisme les réserves suffisantes pour régénérer la myéline, c’est-à-dire à enrichir l’alimentation en acides gras. Mais pas n’importe lesquels ! En effet, depuis plusieurs années, les acides gras oméga-3 et -6 ont bonne presse, et pour cause, ils entrent dans la composition des membranes cellulaires. On trouve naturellement ces molécules notamment dans les huiles végétales et l’huile de poisson ; c’est pour cela que ces aliments sont très recommandés par les diététiciens. Qui plus est, de nombreuses études scientifiques récentes ont montré un effet bénéfique de certains de ces acides gras comme l’EPA (acide eicosapentaénoïque) ou le DHA (acide docosahexaénoïque) sur les symptômes associés aux neuropathies périphériques. Par exemple, dans le cas des neuropathies induites par certains traitements anti-cancer, où l’on constate une dégénérescence de la gaine de myéline, ces acides gras présentent des effets de soulagement des sensations de paresthésie et de douleurs.
Les acides gras polyinsaturés, oméga-3 et-6 présentent donc un intérêt majeur dans l’alimentation par leur capacité à restaurer des réserves lipidiques.

 

Olivier Roca, PhD

Directeur de communication Science et Médecine

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